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Écrit par Administrator   
Jeudi, 01 Juillet 2010 20:19

 

Historique de la commune de BESSÉ

 

 

 

855 Bassiac, 1230 Beyssiec, Bayssiec, 1366 Bessiec, puis Bessec ( parfois lu Besset : en écriture ancienne la lettre c écrite à la plume pouvait se confondre avec un t) 1537 Bessé

 

 

Grâce aux études toponymiques on peut faire remonter l’existence de Bessé à l’époque gallo-romaine voire gauloise . Le sens en est incertain et toujours sujet à contreverse, le plus retenu étant domaine de Bassius.

 

Les informations recueillies concernant Bessé sont essentiellement tirées des archives de l’abbaye de Saint Ausone d’Angoulême et des archives notariales consultables aux Archives Départementales de la Charente.

Grand nombre de documents anciens ont été détruits pendant la guerre de cent ans, puis des guerres de religion. Cependant il en reste assez (malgré des erreurs possibles de lecture ou d’interprétation) pour résumer l’histoire de Bessé.

 

Les première mention de la seigneurie de Bessé apparaît dans une charte de 1230 . Elle appartenait alors, au moins en partie au couvent de Saint Ausone d’Angoulême. Le fief (ou les fiefs) de Bessé était tenu par un groupe de chevaliers dont, parmi les principaux, Guillaume et Hugues d’Aunac, Hugues et Gilbert de Bessé. C’est à cause de leurs excès envers les habitants que la charte de 1230 fut établie par un tribunal ecclésiastique à Angoulême. Tous les revenus du domaine étaient partagés (par moitié pour la plupart) entre l’abbesse et ses vassaux. Aux chevaliers et à leurs successeurs était accordé le droit de mettre les habitants à contribution dans certains cas précis : lorsqu’ils marieraient leurs filles, lorsqu’ils deviendraient chevaliers, ou si d’aventure ils partaient outre-mer (c’est à dire en croisade ou en pèlerinage). C’est Guillaume d’Aunac (ou ses héritiers), sans doute le plus important des chevaliers, qui devait rendre hommage à muance de dame ou de vassal, comme l’avaient fait ses prédécesseurs.

 

 

La famille d’Aunac apparaît encore dans un acte en 1452 : «...touchant au verger de noble homme Pierre d’Aunac...»

1456, c’est Héliette Hélie dame en partie de Bessé (dame=seigneur) qui en tant qu’héritière de Thibaud d’Aunac (nièce ou petite fille) qui rendit hommage à la dame abbesse.

1497, l’hommage fut rendu par Guillemette Hélie aussi héritère de Thibaud d’Aunac et de Héliette Hélie.

1499 , hommage de Jeanne de Bremetot fille de Guillemette Hélie qui a épousé Bertrand d’Anché en 1481. Et on retrouve la famille d’Anché jusqu’à la révolution en la personne de Marie Adélaïde Félicité de Lambertie veuve Beaucorps, petite fille de Louis d’Anché, dont tous les biens furent vendus comme biens nationaux.

 

Quant au chevalier Guillaume de Bessé de 1230 ou plus exactement Dubreuil de Bessé (nom que l’on retrouve dans un livre de comptes de Saint Ausone et dans d’autres actes), il semble que l’on retrouve sa descendance à Saint Jean d’Angély. « Noble homme Guillaume de Bessé chevalier » fut plusieurs fois échevin de cette ville en même temps que Ambroys Fradin, en particulier de 1390 à 1395 .

Ce Guillaume De Bessé possédait un fief dans les faubourgs de la ville appelé le fief de Bessé. ( Il était fréquent que les nobles portent le nom de leurs terres et redonnent ce même nom à leur nouveau domaine).

 

Vers 1380 Ambroys Fradin épousa Robine Dubreuil dame de Bessé .

Par ce mariage les Fradins devinrent seigneurs de Bessé (du faubourg de Saint d’Angély) et héritèrent probablement de biens sis à Bessé (Charente). Le titre de seigneur de Bessé servit peut-être pour les deux domaines, bien que les documents concernant cette famille à Bessé (Charente) ne font mention que des Fradins seigneurs de Paizay-le-Chapt.

En 1505 Damoiselle Mary Gillier veuve de Jean Fradin, écuyer seigneur de Paizay-le-Chapt fit aveu au seigneur de Taillebourg pour le domaine de Ternant (Charente Maritime) ayant appartenu à Guillaume de Bessé et un autre aveu à Saint Ausone pour son logis noble de Bessé (Charente). Le lien entre la famille de Bessé (de Saint Jean d’Angély) et les de Bessé (de Charente) semble donc prouvé.

 

En 1581 Ambroy Fradin et dame Jacquette de la Chassaigne vendirent tous leurs biens de Bessé à Aymar et Jean Le Coq célèbre famille de Villefagnan, hormis leur logis noble, verger et colombier tenant au cimetière de l’église Bessé, le chemin entre-deux, à savoir La Grand Maison qui avait appartenu aux d’Aunac. Lesquelles terres furent ensuite vendues en 1626 par Pierre le Coq à Jean d’Anché.

Les d’Anché rachetèrent probablement le logis noble puisqu’Isaac d’Anché fit aveu en 1651 pour le fief des Fradins autrement la Grand Maison , lequel logis occupé d’abord par André Poinset « tixier en linge » était loué en 1699 à son fils Maître Pierre Poinset notaire

 

 

Voici donc les principales familles qui ont tenu les fiefs de Bessé.

 

On trouve pourtant d’autres familles sans pouvoir faire le lien avec ces dernières.

 

 

On trouve aussi un hommage rendu par Pierre du Courret écuyer dudit lieu du Courret en 1399 et un autre rendu en 1436.

En 1396 Pierre de Laleu sire de Saint Méxant près d’aigre (prononcé Messant, la lettre x remplaçant autrefois 2 s) rend hommage à Saint Ausone au nom de sa femme Johanne de La Faye.

En 1517 Charles de Laleu chevalier capitaine de Montignac Charente et son neveu vendent leur domaine (dont un domaine à Gragonne) à « noble homme » Jean Du Tillet vice président de la cour des comptes à Paris.

 

En outre certaines terres relevaient de l’abbaye de Tusson, et d’autres de la commanderie de Villegâts.

En 1595 Marie d’Anché épousa Jacques de Beauchamp fils de François de Beauchamp seigneur en partie de Souvigné. Pendant leur mariage ils acquirent le domaine de Gragonne de divers particuliers. En 1778 leur dernier descendant Charles Henri de Montbron n’ayant pas d’héritier direct, la succession devait se partager entre une vingtaine de cousins assez éloignés. C’est Marie Thérèse d’Anché qui par licitation devint propriétaire du domaine Et sa nièce Marie Félicité de Lambertie en hérita, possédant ainsi presque la moitié des terres de Bessé. A la révolution cette dernière émigra en Angleterre où elle mourut en 1797.

 

Vestiges architecturaux :

L’église en partie du XIIe siècle

Le logis appelé la Grand Maison XIVe ou XVe

Le logis de la maison d’Anché non datée tenant l’église et son agrandissement du XVIIe

Aux n°13 et 15 de la Grand Rue, le logis du Colombiers dont il ne reste que peu d’éléments peut-être du XVIe

Au n° impasse du puits une maison déjà qualifiée de « maison ancienne » en 1731 ayant conservé un élément de fenêtre du XVIe

Aux Hortes le logis plus récent probablement du début XVIIIe

Le logis de Gragonne qui garde des éléments du début du XVIIe.

Le dernier presbytère très modeste au bout de la maison du n°11 de la Grand Rue cité dans un acte de 1670. Il n’y aucun vestige du premier qui se trouvait entre l’église et le canton du puits décrit en 1631 « ruiné par la caducité et l’injure des guerres »

 

Le tout fut largement remanié au cours des siècles.

 

 

 

sources : inventaire des titres de l’abbaye de Saint Ausone (série H3/2 et autres )

divers actes notariés (série E), bulletins de la Société des archives historiques d’Aunis et de Saintonge (disponibles sur Gallica, bibliothèque numérique de La BNF), dictionnaire des familles du Poitou Beauchet Filleau (consultable sur Gallica)

Mise à jour le Samedi, 03 Février 2018 10:55